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dimanche 28 avril 2019

Baiser






Rien ne se passe comme je le voudrais. C'est en cherchant à en séduire une autre, qu'elle est tombée sous mon charme. Deux années scolaires ont été nécessaires à l'opération et celle que je convoitais, ne succomba pas. Il n'y avait que pendant les cours de mathématique que nous étions côte à côte. Je crois que nous étions les seules dans ce cas. Les autres, ne se mélangeaient pas. Les garçons trop fiers, les filles plus réservées ; enfin, il me semble que c'était ainsi. 
J'étais simplement bien à côté d'elle et il me plaisait à penser qu'il en était de même pour elle... 
Je faisais déjà des jeux de mots plus ou moins bons, dont un particulièrement avec son nom. Elle me répondait en m'affublant de deux surnoms que je ne révèlerai pas et qui pourraient être des insultes, dans d'autres circonstances. 
C'est sous le regard bienveillant de notre professeur de mathématique, monsieur V..... , que nous nous adonnions à nos joutes pas encore amoureuses,  dans ce cadre orthonormé que nos abscisses et ordonnées de nos fonctions intimes et linéaires s'affinaient dans une équation totalement inconnue. 
J'étais parfaitement conscient que les filles préféraient les garçons plus âgés, ceux qui ressemblent plus à des hommes. Une grande taille, une musculature idoine, du poil au menton et aux pattes... 
Grrr, je ne remplissais aucun de ces critères ! Mais la nature est bien faite... 
Nous avions la même finesse d'esprit, le même sens de l'humour et de la dérision, ou presque. Dominique me tomba dans les bras sans que je l'eusse vu arriver. À la récréation du matin, à l'abri des regards indiscrets, nous échangeâmes pour la première fois nos fluides salivaires, le jour du bel été... S'ensuivit une journée sur un petit nuage, l'air un peu niais, avant que je ne retombasse sur la terre ferme ; très ferme, avec le goût amer de la séparation. 
C'était le dernier jour d'école et nous ne nous reverrions plus. Le premier baiser, un baiser d'adieu, avant un été de porcelaine. 



samedi 20 avril 2019

Méga rêve !



 











Ne vous est-il jamais arrivé de faire un rêve si fort qu’au réveil, on doute de son irréalité ?  Avec cette question qui revient : j’ai rêvé, ou quoi …? 
C’est assez troublant, quand le rêve se confond avec la réalité...
Bien sûr, à l’adolescence, cela arrive souvent ; quand les hormones entrent en action, que les draps s’en souviennent… On se rend compte que le rêve et la réalité sont intimement liés.
Mon rêve avait pour décor une forêt. Pas celle nécessaire à la construction de feue la charpente de la célèbre cathédrale, partie en fumée. Non plus une forêt lointaine où l’on entendît le hibou répondre au coucou, du haut de son grand chêne. 
Une forêt toute proche, la plus belle chênaie d’Europe. 
Je ne faisais pas d’accrobranche, pourtant, je flottais à deux mètres au-dessus du sol, porté dans une chimère au parfum d’interdit… 
Une escapade hors du temps, où je n’étais plus tout à fait moi-même et pourtant pleinement moi. C’était fantastique, comme le sont les forêts, dans les contes de Perrault. Quasi-mystique, comme les légendes. Un endroit où vivent les fées, les sorcières,  les belles aux bois, les schtroumpfs. Ces fameux petits personnages qui rient tout le temps ; chatouillés qu’ils sont par les herbes hautes, à un endroit que je ne nommerai pas.
Mon rêve flou baignait dans cette atmosphère étrange que l’on retrouve dans le célèbre roman d’Alain Fournier.  Cette même sensation où, plus on se rapproche de quelque chose et plus on s’en éloigne inexorablement... C’est dans cet état, proche de l’Ohio que je suivais sans y croire le fil de mon histoire. J’étais tombé sous un charme, dans une forêt de chaînes…
La nuit pâlissait déjà, que mon rêve s’étiolait à mesure que je me réveillais.

Ce n’est qu’en découvrant dans ma boite aux lettres un poème à l’encre bleu même pas délavée que je sus que mon rêve était réalité, lié à jamais.





dimanche 14 avril 2019

Blog






C’est en cherchant  l’étymologie d’un prénom que je suis tombé, par hasard, sur une pépite… ! Je n’avais jamais fréquenté un blog. Je ne savais même pas que cela existait ! J’étais plus occupé à ramer qu’à surfer, fut-il sur le web ! 
C’est son pseudonyme qui m’intrigua. J’ai été immédiatement séduit par l’écriture de cette fille… Comment pouvait-on écrire aussi bien ? 
Comment pouvait-on jongler avec les mots, de si belle façon ?
Comment pouvait-on  relever des défis  d’écriture ?  
Comment pouvait-on écrire cent mots … ?  
Autant de questions  qui n’avaient  qu’une seule réponse : le talent !  Moi qui étais classé « mauvais en français » à l’école, je découvrais là un moyen de faire quelques progrès... 
A sa lecture, je me rendis compte que j’avais presque tout oublié des règles grammaticales, d’orthographe, de conjugaison et les fameux participes passées, auxquels je n’ai jamais rien compris. Je manquais sérieusement de pratique et je trouvais là, dans son blog, mille textes, un réservoir de travaux pratiques, une source d’inspiration, tout en restant discret... 
Vint un jour, où, je me suis risqué, avec mes mots maladroits, à déposer un commentaire très bref, comme une petite fleur fanée tombant  ah l’eau… !  Mais au-delà des mots, c’est sa sensibilité qui entra en résonance avec la mienne et me troubla. Je tombai sous son charme et depuis, je n’ai de cesse de me relever…  Un jour, elle m’invita à la suivre dans une aventure pour le moins insolite… J’acceptai et pris cela comme une  très grande marque de confiance… La même que je n’accorde  que rarement...
Aujourd’hui, elle boucle une énième révolution et c’est comme un hommage que j’écris ce billet du jour comme un cadeau d’évolution… Je lui dois beaucoup, car c’est depuis son blog que j’en ai découvert d’autres,  plein d’autres. De fil en aiguille, dans une botte de foin.

Merci Célestine


vendredi 5 avril 2019

Chagrin d'amour




Annick beauchamps, photo du net













 

Quel était donc ce mal qui me perturbait, alors que je n’étais qu’un enfant ?  Je n’avais pas senti la maladie s’installer. Ce fut lorsque la guérison se présenta que je souffris…
Après maintes réflexions, je devais me rendre à l’évidence, j’étais amoureux de ma maîtresse d’école… Elle partit pour faire un autre remplacement et me laissa triste comme un menhir. 
Mes vaccins étaient à jour, j’avais eu toutes les maladies infantiles et même la coqueluche des filles… Je croyais bêtement qu’il n’y avait que les filles qui l’attrapassent ! C’était donc cela, cette maladie d’amour qui faisait chanter les hommes et pleurer les femmes ! Dans mon cas,  c’était le contraire ; je pleurais… Je ne me souviens pas combien de temps dura ma convalescence ? Probablement guère plus longue que l’été de la saint Martin, trois jours et un brin. 
J’avais dix ans et je venais de  perdre une partie de moi, en grandissant prématurément. Je me souviens parfaitement de son nom, pour son visage, j’ai un moyen mémo technique... Josiane T…….t était belle comme une speakerine, comme une animatrice de jeu télévisé… Elle ressemblait trait pour trait à Annick Beauchamps. Elle avait les mêmes pommettes qui me faisaient craquer. Ce premier chagrin d’amour, car cela en était un, fut associé à une chanson, qui, lorsque je l’écoute, me ramène directement à mes dix ans et m’émeut, encore… Je ne savais pas  que d’autres chansons ponctueraient ma vie… Rythmeraient mon coeur…