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vendredi 14 février 2020

J'voulais pas...






Que faisais-je dans cette galère ? Telle était la question que je me posais… Je n’avais presque pas dormi, ou très mal. Le réveil, au terme de ce long voyage, arrivait comme un soulagement. 
La nuit avait été glaciale. J’avais eu tout le loisir de m’en rendre compte. Le train était bondé et la seule place que j’avais trouvée était sur la plateforme de métal, dans le soufflet qui reliait les wagons entre eux. 
L’air froid de décembre remontait directement de l’extérieur dans le vacarme assourdissant des boggies. L’inconfort était total ; tout le contraire de mon premier voyage en train couchette. 
Devant la gare, nous étions soudain des centaines à prendre d’assaut un moyen de transport qui nous emmènerait à destination. 
L’aurore était légère, il allait faire presque beau… 
Mon frère m’avait prévenu « tu verras, tu vas devenir le roi du balai et de la serpillière », il allait avoir raison. 
J’aurais préféré glisser ma peau sous les draps que de la risquer sous les drapeaux !





 
Ma formation s’annonçait solide ; douze mois pour apprendre à boire, à peine moins, pour faire la fête, quelques semaines pour devenir un bon joueur de belote. J’allais devenir, malgré moi, un tueur de temps, à plein temps, pour remplir toutes ces journées vides de sens. 
Tout de même, j’ai eu de la chance ! Au centre de sélection, ils voulaient m’envoyer à Pau, dans les parachutistes. Carrément miné, tout dégoûté… Quitte à prendre de l’altitude, je choisis de garder la tête dans les étoiles et les pieds sur terre. La montagne s’imposa comme une évidence. 
Après ma formation, je fus transféré dans une ville d’ingénieurs, à Grenoble… C’est là que j’ai réussi l’exploit de m’attirer la sympathie de mes deux chefs de service. Sans « fayotage », juste en exerçant mon métier, et en leur rendant à chacun, pendant que l’autre était en congé, un service personnel. 
-Monsieur B.. et sa femme furent ravis de leur nouvelle baie vitrée, enfin ouvrante. 
-L’adjudant-chef A….., lui, ce fut des volets à clefs, pour son mas provençal. 
En échange, j’eus la considération du premier, et les « coups de piston » du second ; j’échappais ainsi aux grandes manœuvres… 
Le service national, pour moi, ce fut ça, de la débrouille, du piston, mais pas que ... 
J’ai en ma possession, l’authentique certificat militaire, émanant du ministère des armées, qui me fut remis le jour de la quille, stipulant que j’ai exercé, pendant un an, le métier de secrétaire-comptable. 

C’est dingue ! Mais le jour de la libération, ce n’était pas le moment de chipoter…



samedi 1 février 2020

Bibliothèque 2




Je ne faignante pas, j’avance… Fabriquer un meuble de façon artisanale n’a rien à voir avec le montage d’un meuble suédois. Aujourd’hui, j’ai « poussé » les plates-bandes… Je vous rassure,  celles-ci, il est impossible de les piétiner !
En fait, ce terme ne devrait plus être employé. Il remonte à l’époque où ce façonnage était exécuté à la main. Faire une plate-bande, nécessitait un gros effort ; la quantité de bois à enlever est considérable et il fallait pousser fort sur le rabot. Je revois encore mon père transpirer à grosses gouttes sous l’effort. 
Avec une machine moderne, quoique la mienne soit plus âgée que moi, c’est plus facile, mais le terme est resté. Elles ne sont pas belles, mes plates-bandes ? Et mes mortaises ?

 
 









Elles vont bientôt s’emboîter parfaitement dans une rainure ; preuve que le montage de l’ensemble est proche.

 
 









Encore que, je trouve le moyen de ralentir la fabrication, en y ajoutant un tiroir secret, une porte dérobée, une cachette secrète… qui, du coup, ne l’est plus.
Mais chuuuuut, la suite plus tard…

Pour l’heure, je suis en train de chantourner un ouvrage pour une artiste.
 


 

Un merci particulier à mon fils, qui a réalisé le montage de cette petite vidéo.


*Arrival : Musique extraite de l'album du même nom d'ABBA, interprétée ici par l'orchestre international militaire, Allemand.

samedi 25 janvier 2020

Feu




Le feu m’a toujours fasciné, pas vous ?  C’est peut-être la danse des flammes qui hypnotise, comme la flûte du joueur, ou du charmeur de serpents. 
Enfant, nous avions interdiction d’y toucher. Le feu était maîtrisé, capturé, prisonnier de la fonte, complice de mijotages culinaires. 
Synonyme aussi de chaleur humaine. L’hiver, nous nous y « coucourlions » autour, comme le vestige de notre passé préhistorique.




Et puis, il y avait le feu que nous avions le droit  de toucher… Celui que mon père maîtrisait, en réduisant en cendres des montagnes de branchages, dont les troncs et les grosses branches serviraient à alimenter l’industrie papetière. La consigne était stricte : on ne joue pas avec le feu, car lui ne joue jamais. Ce n’était pas vraiment  par sa maîtrise du feu de forge que mon père m’impressionnait le plus, mais par la pratique de l’écobuage. Opération plus compliquée qu’il n’y paraissait. Il ne suffisait pas de craquer une allumette, fut-elle suédoise, n’importe comment. Le risque d’embraser la campagne était bien présent. L’espace de quelques heures il était le maître du feu, en maîtrisant lui-même les éléments. 
S’adapter à la topographie, évaluer et surveiller la force et la direction du vent, se prémunir d’un coupe-feu, naturel ou artificiel, tout cela faisait partie du jeu. Je soupçonne qu’il devait posséder un sixième sens ; très souvent, la pluie arrivait à point, comme l’ultime sécurité. 
Au printemps, ces endroits-là, n’avaient pas leurs pareils pour regorger d’escargots et de mousserons. Ce n’est pas un hasard, s’il existe des plantes dites « pyrophytes », elles ont besoin du feu pour vivre ou survivre.

Pour en savoir plus, c'est ici, (clic)

Je ne saurais parler du feu, sans évoquer celui, intime, dont nous aimons la brûlure. Un feu en soie, juste là, à l’intérieur. 
D’abord charmeur, puis ravageur, attirés que nous sommes comme des phalènes, par la lumière subtile d’une brune ou d’une blonde à la croupe incendiaire. Il faudrait être professeur de droit, pour ne rien faire de travers, et encore…  S’irradier ensemble dans une fusion nucléaire ; les noyaux fusionnant un instant, pareils à deux comètes entrées en collision pour se recomposer en s’éloignant. 
Comme toute action, il y a réaction, dégagement d’énergie, production de chaleur ; le feu, quoi !



samedi 18 janvier 2020

Un peu, mon neveu !






Il fut un temps que les plus de cinquante ans se souviennent. Nous sommes quelques-uns, une poignée, une fratrie. 
Alors que nous étions des enfants, mon frère ainé avait eu l'idée lumineuse de nous rebaptiser. Inspiré probablement par le cinéma et les films de gangsters, il nous avait affublés de surnoms dignes de petites frappes.                                                 
Wilfried la chaussette                                                    
Freddie la mauviette                                                     
Nickolatov Popovitch
Ben oui, il y avait un intrus, ou plutôt une intruse ! Une intrigante Slave, sous les traits de ma petite sœur. Il ne s'était pas oublié, non plus, en s'affublant d'un surnom peu reluisant : Johnson le couillon.
Ces surnoms, ces noms d'emprunt, sont encore très présent dans nos mémoires. Il suffit simplement de les évoquer, et nous avons dix ans, bien cachés dans nos cabanes... 
En s'inspirant de cela, mon neveu eu l'idée lumineuse, lui aussi, de rebaptiser les musiciens de son groupe de rock.                                                      
Brad Bronstein                                                     
Bill Nuggets                                                        
Eddy Flint                                                     
Mike Flanagan                                                   
Andy Burke                                                        
Peter Golberg                                                       
Et, par la même,  de nous faire un clin d'œil ...                     
Chacun a donc choisi son pseudonyme. Aujourd'hui, ce groupe n'est plus, mais la première salle de concert importante dans laquelle ils se produisirent était au 10 rue de la madeleine, dans une ville dont j'ai oublié le nom ? Et ce fut celui-ci qu'ils adoptèrent. 
Ah oui, mon neveu, c'est le batteur, avec son inimitable sourire, le même que celui de mon fils.

Pour l'heure, via sa mère, qui est aussi ma sœur, il m'envoie des vidéos en provenance de l'autre bout de la terre, à quelque dix mille kilomètres d'ici ; à la découverte de la moitié de ses origines, de son histoire.

Je vous le laisse découvrir dans ce clip, à trois minutes vingt-quatre...