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dimanche 29 décembre 2019

Cantal





« Le silence est d’or et la parole d'argent... »

 
les monts du Cantal.


J’aime le silence. Ce silence si précieux, régénérateur, complice, propice à se retrouver, quand les tumultes de la vie se mettent en prose. Alors, le silence vient comme un point, virgule. Une pause pour prendre son souffle, comme celui du vent qui apporte les réponses, parfois. 
S’abandonner dans le silence enveloppant des montagnes, fussent-elles du massif central, moins abruptes, moins hautes, profondément silencieuses. Silence lointain et apaisé, à perte de vue, comme ce vieux massif, longtemps au tempérament volcanique. C’est une osmose qui me lie à lui, parce que j’y suis né et que des liens étroits se tissent entre son être profond et le pays qui l'abrite. 
Sinon, comment expliquer qu'il faille y revenir, comme l'appel de la forêt...
Je souhaite à toutes et à tous, celles et ceux qui me font le plaisir de me laisser un commentaire, mais aussi les autres, une belle fin d’année avec les personnes qui vous sont chères.
 
Bonne et belle année à tous,
Je reviens bientôt...





dimanche 15 décembre 2019

Pluie






J’avais galéré pour trouver une place de garage, pour ma voiture, sur ce parking de magasin. Je dus marcher quelques minutes, pour y accéder. 
Il pleuvait à verse, qu’importe ; j’ai toujours avec moi mon parapluie. 
Modèle classique, qui me donne un air « so british », mais un modèle venu tout droit de la capitale du parapluie (clic). 
Tandis que l’averse redoublait d’intensité, des flaques immenses s’étaient formées et m’obligeaient à les contourner. Ce n’était rien que de l’eau, de l’eau de là-haut…mais qui tombait tel un rideau d'eau. Bien à l’abri de mon pépin, j’accélérais le pas. 
J’atteignis enfin l’entrée du magasin. À l’abri d’un auvent, se tenaient-là deux femmes. À vue d’œil, une mère et sa fille, qui me regardaient avec « gourmandise ». 
Bon, je savais que c’était pour mon parapluie… Ma congénère était élégamment vêtue et coiffée et il me sembla que l’idée de se risquer sous la pluie, chaussée d’escarpins, même en courant, ne l’enchantait guère. Semblant m’implorer, je n’ai pu résister à lui offrir de l’accompagner jusqu’à son carrosse. Elle me prit le bras et se serra contre moi ; un petit coin de parapluie n’avait rien d’un coin de paradis. À deux, la toile est un peu juste et je ne voulais pas me mouiller, non plus !
La galanterie, c’est bien, mais faut pas abuser.
Sa fille n’attendit pas mon retour. Elle se lança, telle une gazelle, par-dessus les flaques et en quelques enjambées, elle avait rejoint sa mère. « Je sécherais dans la voiture » et j’ai repensé à cette phrase de mon père : « ça n’ira pas plus loin que la peau ». 

Il avait, comme cela, des phrases pleines de bon sens.



                                                   


dimanche 8 décembre 2019

Terre





 




J’ai toujours aimé les labours, cette opération qui consiste à retourner la terre, pour enfouir les restes de culture, les herbes fanées. 
Une façon de faire table-rase de l’année écoulée, de préparer les plantations futures. J’admirais mon père, au volant de notre vieux tracteur. 
C’était un labour à l’ancienne, sillon par sillon, le plus droit possible, avec pour seul GPS, son expérience. 
La terre ne se laisse pas griffer facilement. Pour qu’elle s’offre, il faut lui caresser ses monts, ces merveilles ; épouser ses courbes, humer sa moiteur, la respecter, l’aimer. 
Redresser les courbes, aligner les droites, ajuster la profondeur en permanence n’est pas si facile. Chaque mètre parcouru est différent du précédent. Il faut savoir s’adapter. J’ai appris sur le tas, en regardant faire, en faisant moi-même. 


Mon jardin



Après quelques heures de ce dur labeur, je me suis pausé, en bas de mon jardin, j’ai contemplé les sillons, identiques et réguliers, humer le parfum subtil que la terre offre au laboureur, et qui me ramène directement à l’enfance. Le matériel que j’utilise n’est plus le même, mais l’éclat du versoir n’a pas changé ; un poli-mat obtenu par le frottement intime de la terre contre l’acier, à faire pâlir un polisseur du bassin Thiernois.



Mon frère, avant que je ne prenne la relève


La terre ne ment pas. Elle rend ce qu’on lui donne, et donne ce qu’on lui offre ; un cercle vertueux. 
C’est un peu comme l’écriture. On sème des mots, on récolte des commentaires ou de l’émotion, ou les deux.


vendredi 29 novembre 2019

Elle





Elle n’était pas maquillée comme une star de ciné. Elle n’avait pas non plus les yeux couleur menthe à l’eau, pas plus que revolver. Non, elle n’avait pas le regard qui tue, rien de tout cela. 
Elle avait simplement de la classe, ou du moins, elle correspondait à l’idée que je m’en faisais. Lorsque je me rendais dans ce temple de la consommation et de déshumanisation de ses employés, un rapide coup d’œil décidait de mon passage en caisse. Elle m’intimidait un peu, et, paradoxalement, je la privilégiais. 
Je ne sais pas me contenter du traditionnel et automatique « bonjour, merci, au revoir ». J’agrémente souvent mon passage d’un petit plus ; une parole gentille, un truc pour briser la glace, histoire de ne pas rester silencieux. 
Je dois avouer que cela m’est plus facile depuis que j’ai atteint un âge, dit de la sagesse. Un jour, au risque de passer pour un dragueur de supermarché, je me suis risqué à un « je vous trouve très belle ». Ce à quoi elle répondit « merci, mais je suis mariée ». 
Mince ! Le mariage nuirait-il à la beauté, m’interrogeais-je ? 
Un peu pris au dépourvu, sans bise venue, je rétorquais naturellement que ce n’était pas si grave, qu’elle était belle quand même. 
Je suis probablement passé pour un chercheur d’aventure, mais il me sembla bien avoir vu son visage s’illuminer. 
Brillante démonstration du pouvoir des mots…
Ce tantôt, je l’ai rencontrée par hasard, nous avons bavardé comme deux vieux copains perdus de vue, nos sens en alerte, nos yeux captant tous les signaux électrisées par le ballet des phéromones. 
Cette rencontre a enjolivé mon week-end. La prochaine fois, c’est acté, on se prend un café.

Elle a vraiment beaucoup de classe, ma super copine du marché.


vendredi 15 novembre 2019

Brumaire



 




Le feu de l’été qui consume les passions n’est plus. Le froid de l’hiver qui fige le temps n’est pas, encore...
Les vendanges de l’amour sont terminées, c’est l’automne. 


Une saison qui n’existe pas seulement dans le nord de l’Amérique… Ici, on l’appelle l’été de la saint martin. Il ne dure que trois jours et un brin, comme une piqûre de rappel du temps passé. 
J’aime l’automne, avec ce soleil un peu pâle qui étire les ombres jusqu’au crépuscule, pour ces ciels d’azur que l’on ne voit qu’en cette saison, pour la petite froidure du matin qui pique les joues et revivifie.
J’aime l’automne, lorsque les hêtres et les cerisiers s’empourprent, que les jardins sentent la terre fraîchement retournée, que les hommes se rapprochent des cheminées, quand les labours font table-rase du passé, pour mieux préparer les jardins de nos vies. 
 

Mais surtout, et je ne m’en lasse jamais, pour ces couchers de soleil fabuleux qu’il m’est donné de contempler de ma terrasse, lorsque le ciel flamboie, que le rouge et le noir s’épousent enfin...