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présentation

vendredi 29 novembre 2019

Elle





Elle n’était pas maquillée comme une star de ciné. Elle n’avait pas non plus les yeux couleur menthe à l’eau, pas plus que revolver. Non, elle n’avait pas le regard qui tue, rien de tout cela. 
Elle avait simplement de la classe, ou du moins, elle correspondait à l’idée que je m’en faisais. Lorsque je me rendais dans ce temple de la consommation et de déshumanisation de ses employés, un rapide coup d’œil décidait de mon passage en caisse. Elle m’intimidait un peu, et, paradoxalement, je la privilégiais. 
Je ne sais pas me contenter du traditionnel et automatique « bonjour, merci, au revoir ». J’agrémente souvent mon passage d’un petit plus ; une parole gentille, un truc pour briser la glace, histoire de ne pas rester silencieux. 
Je dois avouer que cela m’est plus facile depuis que j’ai atteint un âge, dit de la sagesse. Un jour, au risque de passer pour un dragueur de supermarché, je me suis risqué à un « je vous trouve très belle ». Ce à quoi elle répondit « merci, mais je suis mariée ». 
Mince ! Le mariage nuirait-il à la beauté, m’interrogeais-je ? 
Un peu pris au dépourvu, sans bise venue, je rétorquais naturellement que ce n’était pas si grave, qu’elle était belle quand même. 
Je suis probablement passé pour un chercheur d’aventure, mais il me sembla bien avoir vu son visage s’illuminer. 
Brillante démonstration du pouvoir des mots…
Ce tantôt, je l’ai rencontrée par hasard, nous avons bavardé comme deux vieux copains perdus de vue, nos sens en alerte, nos yeux captant tous les signaux électrisées par le ballet des phéromones. 
Cette rencontre a enjolivé mon week-end. La prochaine fois, c’est acté, on se prend un café.

Elle a vraiment beaucoup de classe, ma super copine du marché.


vendredi 15 novembre 2019

Brumaire



 




Le feu de l’été qui consume les passions n’est plus. Le froid de l’hiver qui fige le temps n’est pas, encore...
Les vendanges de l’amour sont terminées, c’est l’automne. 


Une saison qui n’existe pas seulement dans le nord de l’Amérique… Ici, on l’appelle l’été de la saint martin. Il ne dure que trois jours et un brin, comme une piqûre de rappel du temps passé. 
J’aime l’automne, avec ce soleil un peu pâle qui étire les ombres jusqu’au crépuscule, pour ces ciels d’azur que l’on ne voit qu’en cette saison, pour la petite froidure du matin qui pique les joues et revivifie.
J’aime l’automne, lorsque les hêtres et les cerisiers s’empourprent, que les jardins sentent la terre fraîchement retournée, que les hommes se rapprochent des cheminées, quand les labours font table-rase du passé, pour mieux préparer les jardins de nos vies. 
 

Mais surtout, et je ne m’en lasse jamais, pour ces couchers de soleil fabuleux qu’il m’est donné de contempler de ma terrasse, lorsque le ciel flamboie, que le rouge et le noir s’épousent enfin...











vendredi 8 novembre 2019

Chansons






Depuis mon plus jeune âge, les chansons ont eu beaucoup d’importance. 
Pas vraiment les chansons enfantines, trop enfantines. Non, ce furent d’abord celles dont je voyais qu’elles tiraient une larme des yeux de ma maman. Puis d’autres sont venues ponctuer ma vie d’enfant, puis d’homme. 
Parmi la multitude de chansons, il y avait, celles dites, anglo-saxonnes ; toutes celles que je ne comprenais pas. Par bonheur, il y en avait que je ressentais au fond de moi. La voix, le timbre, l’interprétation, le rythme même blues, l’émotion qu’elles suscitaient, tout cela me parlait, sans que je n’en comprenne les paroles. 
Cependant, mon niveau d’anglais s’améliora avec la progression des études. Je saisissais, par-ci par-là quelques bribes de phrase qui pouvaient donner un sens au texte. La toute première, fut celle-ci, juste en bas de mon texte. D'autres ont suivi. 
J’en ressentais la tristesse, la détresse, la sensibilité, bref, l’émotion. Quelques années plus tard, il m’a été facile de procéder à une traduction ; internet pour cela, c’est génial ! 
Bizarrement, aucune des paroles ne m’a étonné. J’avais bien perçu toute la sensibilité qui en émanait. Très récemment, une photographie de Pastelle m’a fait penser à une artiste d’outre-manche ; je réécoute ses chansons ici, , où encore et je me rends compte, une fois encore que les paroles ne me surprennent pas, c’est conforme à ce que j’avais ressenti. J’en ai conclu, tout simplement, que le langage de l’émotion et de la sensibilité est universel... Je crois que je le savais déjà.
Mais je trouve cela fabuleux !