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jeudi 15 août 2019

15 août





« La réussite n’est pas toujours une preuve d’épanouissement, elle est souvent, même, le bénéfice secondaire d’une souffrance cachée » Boris Cyrulnik





Je déteste ce jour, depuis des années. J’emploie cette journée à diverses activités ou occupations, je masque cette date comme je peux ; sans en avoir le choix. La plupart du temps, cela fonctionne plutôt bien. 
Au commencement, c’était un jour de fête qui n’en était pas un…   
S’y ajoute le fait que ce jour marque un changement subtil mais néanmoins perceptible de la couleur du temps. La lumière de l’astre ne brille plus tout à fait du même feu. Bref, une sorte de vague à l’âme s’immisce dans les pensées intimes. D’ailleurs, je ne suis pas le seul dans ce cas (clic)
Le fait que j’avais choisi cette date pour laisser s’envoler celle que j’aimais, il y a des années soleil, ne fait rien à l’affaire. Étrange coïncidence… ! 
Si une chanson, pas encore écrite résonnait déjà à mes oreilles (clic), une autre mentait. La vie sépare ceux qui s’aiment, tout doucement, sans faire de bruit, mais la mer n’efface en rien, les pas des amants désunis… Sa première lettre, avec ces trois petits mots, me bouleversa.

 « Tu me manques » 

J’avais souvent ressenti le manque, mais je n’avais jamais prononcé ces mots-là ! J’en ignorais le sens profond. Je ne les compris seulement lorsque je les écrivis à mon tour. Entre temps, j’étais tombé amoureux et me relever, faisait souffrir tout mon être. 
Les dire, c’est dévoiler un état de dépendance, ne pas les dire, c’est se mentir. Ces trois mots me déchirèrent les cordes vocales dans une extinction de voix. Comment était-il possible que cette petite phrase me touchât si profondément ? Par quelle étrange alchimie, une fois la porte refermée, la page tournée, le baiser sur la main soufflé, je ressenti un vide intersidéral, un froid polaire. 
En un instant, j’étais vide, comme un avion sans ailes, un marathonien sans jambes, un Milan-san Remo… Comment peut-on devenir accroc ? 
Le processus est le même que pour une drogue, si douce soit-elle. 
J’eus la réponse le lendemain, au petit matin, cinglante comme les premières gelées d’automne. Elle me manquait déjà et me manqua longtemps. 
Il en est de même, une fois le dernier verre d’alcool éclusé que le besoin du suivant se fait pressant. Tout comme la nature, qui a horreur du vide, l’être humain est régi par la même loi. Il doit, comme il le peut, combler le manque, exprimer son tourment. La pratique d’un art, peut lui être d’un grand secours, aux travers de la peinture, de la sculpture, mais aussi de la poésie ou de l’écriture. La fabrication de meubles ou la construction d’une maison n’est pas en reste… Toutes activités capables de monopoliser l’esprit et fatiguer le corps sont bonnes à prendre. Un dérivatif, en somme ; jusqu’à devenir une ou un autre, à peine diffèrent, le manque en moins. 
Mouais… ! On apprend juste à vivre avec ; enfin, sans…




samedi 3 août 2019

Surface de réparation






Comment est-il possible qu’un cabanon puisse-t-il n’être pas plus grand qu’un mouchoir de poche ? Outre ces paroles de chanson, cela pose une question ! 
Un mouchoir de poche est à dimension variable ; celui de mon grand-père n’est pas le même que le mien. Non pas qu’il ait rétréci avec les années, mais presque… 
J’ai entendu, récemment à la radio, qu’en arctique, un incendie sans précédent avait ravagé l’équivalent de cinquante mille terrains de foot. 
Les joueurs et supporters sont indemnes, puisqu’il n’y avait pas de match ! 
Avez-vous remarqué que dès qu’il s’agit de donner une superficie, le terrain de foot entre en jeu. C’est pourtant simple ! Un terrain de foot équivaut à une vingtaine de terrains de basket, une trentaine de terrains de tennis. 
Chacune de ses valeurs étant à dimension variable, puisque, selon wiki pédia, la surface d’un terrain de foot oscille entre cinq mille et huit mille deux-cent-cinquante mètres carrés, idem pour les terrains de tennis et basket… Quelle précision ! 
Il n’y a bien que la carte postale et la pièce de deux euros qui ne varient pas ; mais il faut reconnaître que ces unités de mesure ne sont pas très pratiques. 
Jusqu’alors, j’ignorais que mes parents, paysans, cultivaient l’équivalent de trente terrains de foot, à deux ou trois terrains de tennis près ! Plus précisément, onze millions cinq-cent quatre-vingt-trois mille onze cartes postales, je laisse la menue monnaie de côté… J’avais simplement appris à l’école qu’un hectare est égal à cent ares, qu’un are est égal à cent mètres carrés, que le mètre carré est une unité de mesure universelle, tout comme l’unité de temps… 
La seconde est le double de la durée du temps qu’il faut pour s’apercevoir que l’on dit une ânerie, qui, comme chacun sait, se mesure avec un mètre étalon. C’est dire ! 
Mais je ne vois pas du tout ce que viennent faire les équidés dans ce jeu de quilles ?

Pour l’heure, je m’absente quelques jours, à seulement cent-vingt lieues… de vacances.





samedi 20 juillet 2019

Bibliothèque









-Dis donc, Xoulec ! Tu n’as pas honte, de te prélasser  de la sorte ?
-Ben, non ! Tu vois bien, je suis confortablement installé sous le tilleul, j’infuse…


- Mais au fait, qui es-tu, pour me demander des comptes ?

-Je suis ta conscience.

-Tu veux plutôt dire, mon inconscience ? Une sorte de Gémini Cricket, comme celui qui officie chez Célestine et que j’ai mis un temps fou à identifier…

-Non, je suis juste ton autre toi, celui qui partage ce même corps, ton côté pile.

-Ah oui, mon côté face est le capitaine de ce radeau qui me méduse !

-Effectivement, c’est toi le capitaine, oh capitaine. Mais je me dois de te rappeler que tu as une bibliothèque à fabriquer…

-Merci, mais tu devrais savoir que je suis comme la cigale de la fontaine ; j’attends que la bise vienne. Je suis plus à l’aise pour travailler. Ce n’est pas que je sois fainéant par ici, mais il fait si chaud à midi…

-Dis donc, tu ne serais pas un peu du sud ?

-heu, du sud, du sud, du sud de quoi ? Et qu’est-ce que tu insinues, par-là ? Je te rappelle que j’avance. Ce n’est pas une évidence, mais j’avance... Débiter un mètre cube de bois ne se fait pas en trois coups de cuillère à pot… Tout d’abord, définir ce que je veux réaliser, j’en ai déjà parlé : une bibliothèque louis XVI.
 




 








 Il faut ensuite répertorier toutes les pièces qui la composent, sur une fiche de débit. Tracer chaque morceau sur les planches de frêne et ensuite, procéder au débit, proprement dit. Attention les doigts !


 






 




 Voilà, après plusieurs heures à tronçonner, déligner, j’ai terminé ma bibliothèque. Euh, enfin, j’ai terminé le débit. Elle est là !



 
 






  N’est-elle pas belle !




Ah oui, j’oubliais ! Moi, j’ai l’image dans la tête… Pour vous, il va falloir attendre encore. J’aime laisser le temps au bois de se stabiliser avant de le mettre en œuvre ; opération qui ne débutera pas avant l’hiver. Je suis un gars lent, mais ça aussi, je l’ai déjà dit. 
De plus, en cours de route, je trouve le moyen de m’ajouter des ouvrages supplémentaires, comme ce superbe feuillet que je destine à la fabrication d’une palette de peintre. Si d’aventure en aventure, je croise le chemin de Chinou, ce sera pour elle…



 










Il ne me reste plus qu'a le raboter, chantourner, un coup de ponçage et je le remise dans un coin du garage.

dimanche 14 juillet 2019

Humour !






     

Qu’est-ce donc ? Il parait que c’est la politesse du désespoir ! Je ne me sens pas spécialement désespéré et pourtant, j’aime manier l’humour ; il me semble depuis toujours. Plus jeune, j’agaçais beaucoup, avec. Et puis, j’ai appris à le manier plus délicatement, comme un outil de précision. Dans mon cas, l’âge fait beaucoup à l’affaire.
Lors d’une grande foire internationale, comme il y en a dans beaucoup de grandes villes, manier l’humour m’a permis de rentrer sans acquitter le moindre euro. Sept euros, c’est vraiment trop cher pour visiter des commerçants qui ne pensent qu’à vendre des « trucs » dont vous n’avez pas spécialement besoin. J’étais en possession du dépliant détaillant point par point les moments forts de ladite foire, ainsi que les horaires et les conditions d’entrées à tarif réduit. C’est alors que me vint l’idée d’écrire une requête et par la même de quémander le « précieux » cézame. Je fis part de mon étonnement à ce que cette rubrique ne me représentât point…

Lundi : journée des seniors, Hélas ! Je ne l’étais pas encore !

Mardi : journée de la femme, Re-hélas ! Je n’avais aucune envie de subir une quelconque chirurgie plastique, ni traitement hormonale, pas plus que de perdre ma superbe voix de baryton.

Mercredi : journée des enfants, une entrée gratuite pour tous adultes accompagnés d’un enfant de moins de dix-huit ans. Trois fois hélas ! Je ne disposais pas librement de mes mercredis après-midi…

Jeudi : entrée gratuite pour toutes celles et ceux qui fêtaient leurs quarante ans cette année-là, qui était aussi la durée d’existence de la foire. Je ne voulais pas intenter un procès à mes parents, faisant valoir qu’ils auraient dû me concevoir plus tardivement.

Vendredi : gratuit en nocturne. J’avais un commentaire à écrire, j’avais pris des notes toute la journée, je ne pouvais attendre le lendemain. J’étais un homme normal et je ne remplissais aucun des critères requis…

Ayant démonté toutes les conditions d’entrée à tarif réduit, je mélangeais le tout dans un texte, que, malheureusement, je n’ai pas conservé et qui allait me valoir à peu près la réponse suivante : « Monsieur, en effet, vous ne remplissez aucune des conditions d’entrée à tarif réduit. Cependant, votre demande ne manque pas d’humour et je dois avouer qu’avec mes collègues, nous avons beaucoup ri. Rien que pour cela, veuillez trouver en pièce-jointe, un titre d’entrée. Vous souhaitant une belle visite, etc. etc. »
Comme quoi, avec un peu d’humour, on peut ouvrir des portes…