Je ne sais pas si tous les Noël sont magiques ! Je sais seulement que parfois, une magie opère ; cela m’est arrivé un jour, ou plutôt une nuit. La nuit de Noël.
Nous étions parties précipitamment, sans véhicule approprié, ni matériels spécifiques. L’entreprise dans laquelle j’officiais avait eu la bonne idée d’envoyer toutes ses équipes en déplacement, dans les différents chantiers de la région. Après avoir dégoté un véhicule et un semblant de matériel, affublé d’un coéquipier, nous partîmes pour la capitale Auvergnate, exécuter le dernier chantier de l’année. Par chance, nous travaillerions au chaud, à l’intérieur ; ce n’est pas toujours le cas. Le chantier ne s'annonçait pas facile. Si j’en avais réalisé la fabrication de la pièce maîtresse, je n’aimais pas en faire l’installation.
Mettre en place un comptoir de bar n’est pas la chose la plus aisée. Je déteste travailler confinés dans les quatre mètres carrés de l’arrière d’un bar, où s’affairent menuisiers, plombiers, électriciens, brasseurs et autres corps de métier du bâtiment. En un mot, c’est le b….. Mais laissons cela, car la magie n’était pas là.
Tant bien que mal, nous terminâmes la pose de l’ouvrage, avec le soutien d’autres équipes venues nous rejoindre. Le patron du lieu était ravi, et nous offrit le champagne, mais pas que… La soirée ne faisait que commencer, et sur ces entrefaites, nous quittâmes tardivement ce lieu pour un autre du même acabit, en plein cœur de la cité estudiantine. Nous fîmes la fermeture à une heure avancée de la nuit. Pour le retour, j’avais troqué mon véhicule contre un autre de l’entreprise, et récupéré au passage, deux passagers supplémentaires.
Nous étions maintenant quatre personnes dans un véhicule conçu pour trois. En tant que chauffeur, je n’étais pas à l’étroit. Il n’en était pas de même pour mes trois loustics quelque peu éméchés.
Tout aurait été pour le mieux si, pour le retour, je n’étais pas tombé sur un barrage de police… P…. Zut, m’exclamais-je ! Le plus naturellement du monde, je l’évitais en bifurquant vers la seule autre issue possible. C’est à ce moment-là qu’ils me repérèrent. C’était suspect !
Sans que je ne m’en aperçoive vraiment, ils nous emboîtèrent le pas. La question qui me taraudait, était de savoir à quel moment ils allaient nous arrêter ? La réponse fusa à la vitesse de la lumière, ou plutôt à la vitesse de la Renault 21 Nevada. Le véhicule de la BAC nous serra façon Starsky et Hutch, mais sans solo de guitare électrique... En une fraction de seconde, cinq policiers surgirent et prirent position. Je me voyais déjà terminer la nuit du réveillon au poste de police, d’autant plus que j’avais quasiment brûlé un feu rouge. Un test d’alcoolémie n'aurait pas arrangé les choses...
Ils invitèrent mes collègues à descendre du véhicule, en appuis contre la camionnette, une fouille en bonne et due forme fut pratiquée. Pas d’invitation pour moi. Stoïque, je restais au volant et fournissais les documents demandés, en délivrant moult réponses aux questions posées. Leur dire que notre chantier était une brasserie ne me paraissait pas être une bonne idée, cependant, c’était la seule vérité. J’ai dû être convaincant, puisque mes acolytes, presque dégrisés, furent invités à regagner leurs places. Tandis que les policiers se concertaient quant à l’issue à donner à leur intervention, j’imaginais mon permis s’envoler. Je n’attendis pas longtemps. Ils me rendirent mes précieux sésames en me recommandant de faire très attention à mes passagers en surnombre. Un “joyeux Noël” accompagna le geste, alors que je remerciai très sincèrement.
Je pense que c’est cette nuit-là, que la magie opéra.
Chez nous, c'est ce qu'on appelle avoir du bol ou avoir le c.. bordé de nouilles. Bon comme repas de Noêl, les nouilles, c'est pas l'idéal mais tu as du apprécié de le passer chez toi, en famille, à table et non avec des poulets.
RépondreSupprimerChez nous aussi, on dit ça : avoir du bol ! Si mes collègues n'avaient pas complétement réalisé, moi oui.
SupprimerDu coup, j'ai apprécié le repas en famille plutôt qu'avec les poulets. D'ailleurs, je ne suis pas sûr qu'on aurait eu de la dinde ?
Passe de belles fêtes de fin d'année
Effectivement cela a été une chance de rencontrer des êtres HUMAINS ! ;)
RépondreSupprimerOui, humains, compréhensifs et indulgents. Malgré une certaine sobriété, je n'aurais pas voulu souffler dans un ballon. La nuit de Noël n'y est certainement pas étrangère à notre coup de chance.
SupprimerBonne fin d'année
En raison du titre, on se dit que ça doit bien se terminer.
RépondreSupprimerÀ mesure de la lecture, et même si la qualité de l'écriture maintient un certain suspense, on se met à douter : vont finir au poste !
Et puis le happy end ! Faut croire que vous aviez quand même des bonnes têtes d'honnêtes hommes !
Et donc je reprendrai dans le sens de la finale du commentaire de Chinou : vive les poulets de Noël !
Comme le disait Coluche, dans un sketch : On a eu du bol.
SupprimerDe bonnes têtes, un récit crédible, pas de vague à notre "arrestation", et la nuit de Noël qui n'y est pas pour rien...
Je ne crois pas qu'un autre jour, ça aurait passé crème ? Nous sommes rentrés au bercail au petit matin du 25, en achetant les croissants, je prenais réellement conscience du coup de chance. Y a pas à dire, les poulets de Noël, c'est quand même autre chose ! :-)
Bonne dernière fête de l'année
Il arrive parfois que ces messieurs de la maréchaussée fassent preuvent de gentillesse, tu en as profite c'est bien en tous cas et j'espère que ton reveilon fut agréable apres.
RépondreSupprimerbises cantalouses et bon bout d'an.
Une histoire que j'ai racontée en famille, dans mon Cantal. J'ai fait beaucoup rire avec, notamment en y ajoutant des détails qu'il aurait été trop long à retranscrire. Après cette rencontre fortuite avec les forces de l'ordre, la journée a été bien longue, puisqu'à peine rentré, je repartais pour la région parisienne. J'étais plus jeune, et plus résistant.
SupprimerIl m'en reste un bon souvenir que je partage ici.
Bonne fête de fin d'année accompagnée de bises Cantaliennes.
Vous avez eu de la chance d'être arrêtés par des policiers qui avaient envie d'être sympas la nuit de Noël. Est-ce qu'il en est ainsi à chaque nuit de Noël ? Toujours est-il qu'il vaut mieux rencontrer des dindes que des poulets !
RépondreSupprimerNuit magique, une chanson qui me touche particulièrement. Lorsque je l'ai entendue pour la première fois j'ai cru qu'elle avait été écrite pour moi, pour cette nuit particulière dans les années 80...
Je n'ai jamais renouvelé ce genre d'expérience, conscient que l'on ne peut pas avoir toujours de la chance.
SupprimerIl est de ces chansons qui emportent en s'adressant directement à l'âme. Un message qui semble avoir été écrit uniquement pour soi. Je pense que l'on en a toutes et tous une ou plusieurs, suivant les circonstances...
Belle fin d'année
Ton anecdote m'a fortement rappelé une chanson de Brassens que tu connais peut--être : « L'épave ». L'histoire d'un type qui se retrouve dans la rue un soir d'hiver, dans une tenue très légère, après s'être fait dépouiller de tous ses vêtements...
RépondreSupprimerEt là, un flic arrive...
« ...et j'étais là, tout nu, sur le bord du trottoir
exhibant, malgré moi, mes humbles génitoires.
une petit' vertu rentrant de travailler,
elle qui, chaque soir, en voyait une douzaine,
courut dire aux agents : j'ai vu quequ' chos' d'obscène !
Ça n'fait rien, il y a des tapins bien singuliers...
le r'présentant d'la loi vint, d'un pas débonnaire.
sitôt qu'il m'aperçut il s'écria : tonnerre !
on est en plein hiver et si vous vous geliez !
et de peur que j'n'attrape une fluxion d'poitrine,
le bougre, il me couvrit avec sa pèlerine.
Ça n'fait rien, il y a des flics bien singuliers...
et depuis ce jour-là, moi, le fier, le bravache,
moi, dont le cri de guerre fut toujours mort aux vaches !
plus une seule fois je n'ai pu le brailler.
j'essaye bien encor, mais ma langue honteuse
retombe lourdement dans ma bouche pâteuse.
Ça n'fait rien, nous vivons un temps bien singulier...»
La magie est partout où on veut bien la voir.
Bises de Nouvel An
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Eh bien, heureusement que tu es venue, encore une fois, pour m'apprendre quelque chose ! j'ai quelques lacunes avec le répertoire de Brassens. Merci de me faire connaître.
SupprimerTa dernière phrase est très juste ; la magie est partout où on veut bien la voir, même dans un pot de confiture...
Je t'embrasse
Mais oui !
Supprimer•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
La magie est partout, même parmi les policiers. On peut dire que tu as eu chaud aux fesses mais tout est bien qui finit bien. Je te souhaite plein de magie pour 2025 et quelques bonnes virées ici et là. :-)
RépondreSupprimerLa magie est partout, si on prend le temps de regarder, non pas avec ses yeux, mais avec son cœur. Y a pas déjà quelqu'un qui a dit ça ?
SupprimerLa magie peut être différente pour chacun d'entre nous. Là où j'ai vu de la magie, j'y ai vu aussi de la chance. Enfin, la magie de la chance serait plus vraie. Je te souhaite aussi beaucoup de magie pour cette nouvelle année balbutiante.
Bises puydômesques
Oh quelle chance ! ce n'est pas tous les jours NOEL, les policiers étaient de bonne humeur, ils en avaient vu d'autres et de plus dramatiques. Ils ont fait la part des choses. Bravo. Bon après midi et surtout bonne année 2025 ! bonne continuation pour ton blog.
RépondreSupprimerJ'ai oublié de mettre mon prénom et le lien de mon blog ! voilà c'est moi qui ai mis le commentaire juste au-dessus.
RépondreSupprimerEffectivement, Noël n'y est pas pour rien...! Conscient de la fleur qu'ils nous faisaient, je les avais remerciés chaleureusement, mais sans en faire trop, quand même.
SupprimerJe te souhaite aussi une belle et bonne année 2025. Merci pour tes vœux.