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mardi 30 juin 2026

Petit jour

 

Le réveil était programmé pour 3 H 45, et le vieil appareil, désormais désuet, fonctionna à merveille. Des notes de musique s’en échappèrent,  le réveil en douceur d’une radio classique, suivi d’une série de « bip-bip » m’extirpèrent des bras de Morphée. Mon horloge interne m’avait déjà mis en alerte. La balade était prévue depuis peu, mais il y avait fort longtemps que j’en avais envie. En compagnie de mon fils, en vacances de révision pour son diplôme à venir, nous allions accomplir ce dessein. 

Longtemps, je me suis levé tôt, et j’aime particulièrement ce moment où, soit-disant, le monde nous appartient… 

Traverser le département pour rallier le point de départ fut un jeu d’enfant, tant je connais cette route par cœur pour l’avoir empruntée quotidiennement pour aller menuiser…  Le parking du col de Ceyssat, à cette heure matutinale, était désert ; nous n’avions que l’embarras du choix pour garer notre véhicule.

Il faisait encore nuit noire, et la fraîcheur était au rendez-vous ; une veste légère s’imposait. Équipés d’une petite mais puissante lampe, nous débutâmes l’ascension. Seuls nos pas troublaient la quiétude du sous-bois encore endormi. Tout doucement, nous vîmes apparaître les premières lueurs du petit jour, accompagnées par le chant des oiseaux qui eux aussi, s'éveillaient. A peine sortis du bois, la lumière naturelle prit la relève ; j’éteignis ma lampe. Il y avait de nombreuses années que je n’étais pas monté au sommet du Géant des Dômes, par le chemin des muletiers, et je dois dire que c’est ce parcours que je préfère. Un pied après l’autre, cadencés à la respiration, trente-cinq minutes nous suffirent pour atteindre les 1464 mètres d’altitude. Le sommet, avec sa vue à 360 degrés, s’offrit à nous et aux quelques amoureux de ces moments particuliers de communion avec la nature, qui avaient fait le même déplacement. Là, deux trekkers ; ici, deux jeunes femmes ; un peu plus loin, une femme et son chien. Nous étions tous réunis pour un seul spectacle d’envergure : le lever du soleil.

Nous avions un peu d’avance sur l’horaire, aussi nous prîmes le temps de regarder un campeur plier soigneusement  sa tente, avant de déplier tout aussi soigneusement sa voile et de décoller aussi légèrement qu’une plume au vent. 

Nous n’étions pas plus de dix personnes à profiter de ce lieu, de ce site, avant que des hordes de touristes ne soient déversées en un flux continu, par un train à crémaillère. Fort heureusement, nous disposions d’une poignée d’heures pour profiter de cette représentation. Imagique instant suspendu au-dessus des brumes matinales.

 

 

Imagique instant suspendu au-dessus des brumes matinales

 

 

 

Puis il fallut songer au retour, mais cette fois, par le chemin dit « des chèvres ». Une descente abrupte, via des escaliers en bois, nous mena à une patte-d’oie, d’où nous allions rejoindre notre point de départ. Nous marchions, à présent, sur un épais tapis de feuilles mortes qui rendait nos pas légers, presque rebondissants,  sous le  feuillage protecteur des hêtres et des noisetiers.

Cette randonnée nous a enchantés, et c’est tout simplement dans des moments comme celui-ci, que l’on se rend compte qu’il en faut bien peu pour être heureux.

 

 

 

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