Le réveil était programmé pour 3 H 45, et le vieil appareil, désormais désuet, fonctionna à merveille. Des notes de musique s’en échappèrent, le réveil en douceur d’une radio classique, suivi d’une série de « bip-bip » m’extirpèrent des bras de Morphée. Mon horloge interne m’avait déjà mis en alerte. La balade était prévue depuis peu, mais il y avait fort longtemps que j’en avais envie. En compagnie de mon fils, en vacances de révision pour son diplôme à venir, nous allions accomplir ce dessein.
Longtemps, je me suis levé tôt, et j’aime particulièrement ce moment où, soit-disant, le monde nous appartient…
Traverser le département pour rallier le point de départ fut un jeu d’enfant, tant je connais cette route par cœur pour l’avoir empruntée quotidiennement pour aller menuiser… Le parking du col de Ceyssat, à cette heure matutinale, était désert ; nous n’avions que l’embarras du choix pour garer notre véhicule.
Il faisait encore nuit noire, et la fraîcheur était au rendez-vous ; une veste légère s’imposait. Équipés d’une petite mais puissante lampe, nous débutâmes l’ascension. Seuls nos pas troublaient la quiétude du sous-bois encore endormi. Tout doucement, nous vîmes apparaître les premières lueurs du petit jour, accompagnées par le chant des oiseaux qui eux aussi, s'éveillaient. A peine sortis du bois, la lumière naturelle prit la relève ; j’éteignis ma lampe. Il y avait de nombreuses années que je n’étais pas monté au sommet du Géant des Dômes, par le chemin des muletiers, et je dois dire que c’est ce parcours que je préfère. Un pied après l’autre, cadencés à la respiration, trente-cinq minutes nous suffirent pour atteindre les 1464 mètres d’altitude. Le sommet, avec sa vue à 360 degrés, s’offrit à nous et aux quelques amoureux de ces moments particuliers de communion avec la nature, qui avaient fait le même déplacement. Là, deux trekkers ; ici, deux jeunes femmes ; un peu plus loin, une femme et son chien. Nous étions tous réunis pour un seul spectacle d’envergure : le lever du soleil.
Nous avions un peu d’avance sur l’horaire, aussi nous prîmes le temps de regarder un campeur plier soigneusement sa tente, avant de déplier tout aussi soigneusement sa voile et de décoller aussi légèrement qu’une plume au vent.
Nous n’étions pas plus de dix personnes à profiter de ce lieu, de ce site, avant que des hordes de touristes ne soient déversées en un flux continu, par un train à crémaillère. Fort heureusement, nous disposions d’une poignée d’heures pour profiter de cette représentation. Imagique instant suspendu au-dessus des brumes matinales.
| Imagique instant suspendu au-dessus des brumes matinales |
Puis il fallut songer au retour, mais cette fois, par le chemin dit « des chèvres ». Une descente abrupte, via des escaliers en bois, nous mena à une patte-d’oie, d’où nous allions rejoindre notre point de départ. Nous marchions, à présent, sur un épais tapis de feuilles mortes qui rendait nos pas légers, presque rebondissants, sous le feuillage protecteur des hêtres et des noisetiers.
Cette randonnée nous a enchantés, et c’est tout simplement dans des moments comme celui-ci, que l’on se rend compte qu’il en faut bien peu pour être heureux.
Belle rando ! J'ai retrouvé dans tes évocations le souvenir de celles que je faisais à une époque dans un groupe "montagne". Le départ la nuit, la marche avec les autres si différente de celle en solitaire, et puis le lever du jour à l'horizon... Un moment magique à partager religieusement !
RépondreSupprimerUne belle randonnée, agréable, à la fraîche. 10 kilomètres. Je crois bien qu'avec mon côté "ours", je ne saurais randonner en groupe. Par contre, partager un moment magique, avec de parfaits inconnus, j'adhère.
SupprimerEt bien j'ai un petit côté ourse aussi et ne pensais jamais adhérer à un groupe mais une amie m'a embarquée et je n'ai pas regretté. J'y ai rencontré des gens très sympas. C'était un petit groupe et je me suis rendu compte que les affinités rassemblent naturellement les gens. Ceux qui étaient moins intéressants restaient entre eux.
SupprimerL'amour de la randonnée est déjà une affinité en soi ; En soie. Avec l'âge, mon côté « ours » s'améliore. Je ne suis plus aussi « bourru ».
SupprimerMais enfin Xoulec, pourquoi ne m'as tu pas conviée à une telle rando ? pourquoi ne m'as tu pas réveillée pour assister à ce spectacle ?
RépondreSupprimerMince, déjà que j'ai bien failli m'oublier ! Heureusement que mon fils était là... Prochain spectacle, en août, direction la banne d'ordanche.
SupprimerSi tu es partante, je te réveillerai😉
Moi je suis partante !
SupprimerJe n'ai pas encore de date précise. Beaucoup d'aléas : la disponibilité de mon fils, la météo, mon emploi du temps de retraité...
SupprimerDe là à se retrouver au sommet? Cela peut être une éventualité !
Tu as raison, il en faut tellement peu. Je rêve moi aussi d'un lever de soleil sur les cimes pour admirer sa belle lueur. Quand je viens en Auvergne, j'essaie encore de m'offrir un de ces plaisirs, seulement je ne vais pas aussi haut, je ne peux plus. Comme le Livradois et le Forez sont pourtant beaux, tout baignés de lumière matinale. Merci pour cet instant de rêve.
RépondreSupprimerUn de ces moments, j'aimerais bien faire le Plomb du Cantal. Mais il va falloir partir encore plus tôt. Je sais qu'au sommet, nous ne serons pas plus de dix. Pour admirer l'astre solaire, point n'est besoin d'aller loin ; parfois, a deux pas de chez soi, il y a un "Point de vue " qui n'attend que nous. D'ailleurs, la photo de ma bannière, le coucher du soleil, a été prise depuis ma terrasse.
SupprimerLe Plomb du Cantal, tous ces somment se méritent en effet. Quand je venais en Auvergne, je séjournais chez mon fils et du haut de son 5ième, sans vis à vis, je profitais des levers et couchers de soleil sans modération. Sinon en vacances dans mon Livradois, je montais au dessus d'Aix La Fayette, ou du bois de Liards, suivant où je me trouvais, et je profitais de tous ces sommets où le soleil se couchait
SupprimerC'est justement un jour, en visualisant des photos sur ton blog, sur j'en ai déduit approximativement ta localisation.
SupprimerComme j'aurais aimé avoir les capacités physiques de vivre de telles aventures.
RépondreSupprimerMais comme tu es là et relates de manière si évocatrice cette aventure, alors je peux m'y projeter et (presque) la vivre avec toi, avec vous.
Et de cela je te remercie et en particulier pour la qualité de ton écriture.
Et comme il m'est impossible d'un jour aller voir sur place, grâce à Google Maps j'ai pu un peu voir ce qu'il pouvait en être. C'est bien joli tout ça. Et les parapentistes s'en donnent à cœur joie…
Figure- toi, qu'au sommet, cette pensée m'a traversé l'esprit... J'ai essayé, bien modestement, de retranscrire ce que l'on peut ressentir à marcher le pied léger et l'esprit tout autant. Comme je le dis plus haut, je souhaite renouveler l'aventure. J'ai déjà en tête, les odeurs, la fraîcheur du matin, les sensations et le plaisir de découvrir. Une façon d'être vivant, simplement.
SupprimerSuperbe et rafraîchissant, mon cher Didier. J'y étais. Tu m'as étrangement rappelé un billet que j'avais écrit il y a quelques années... Tu ne l'avais peut-être pas lu...Un moment suspendu. Magique.
RépondreSupprimerMerci.
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
https://celestinetroussecotte.blogspot.com/2015/01/la-haut.html
Aussi bizarre que cela puisse paraître, au sommet, tu étais avec moi... J'ai pensé un instant que tu aurais aimé cette petite randonnée. Rafraîchissante... treize degrés au départ, seize au sommet, brrr ❄️.
SupprimerJanvier 2015, je ne t'avais pas encore découverte, donc, je ne pouvais commenter, mais j'étais sur le chemin...
J'ai quasiment lu tous tes billets, mais j'avoue ne plus me souvenir de tout ce trésor d'écritures !
Bises Puydômoisement rafraîchissantes
Merci ❤️
SupprimerTrés jolie photo qui prouve en effet que peu de chose peut nous rendre heureux. Il va falloir que j y revienne à ces origines auvergnates depuis le décés de mon papa je n en ai pas eu l'envie mais cela me manque.
RépondreSupprimerBises cantalouses
bises cantalouses
Se rapprocher de ses racines ne doit pas se faire dans la contrainte. Tu ressentiras de toi-même le moment propice où l'on peut poser un regard différent sur son parcours, sur ses racines, si solides que celles Auvergnates. Cantalouses.
SupprimerLe fait d'évoquer un retour aux origines est déjà un pas en ce sens.
Bises Puydômoisement Cantalouses ;-)
Bonjour Xoulec
RépondreSupprimerVoici une randonnée que j'aimerais faire, mais bon, je ne sais pas si mes genoux me le permettraient maintenant.
Avec mon frère et sa femme, qui vivaient à Thiolières, près d'Ambert, nous avons fait de nombreuses randonnées avec eux, et nous n'étions jamais déçus. Le Puy-de-Dôme est une bien belle région.
Mais oui, il en faut peu pour être heureux ! :-)
Bon week-end, Xoulec, pluvieux chez nous, mais c'est tant mieux ! :-)
Bises bassoises.