Le triste jour de pluie de ce début d’automne, me rappelle à ma mémoire, qu'un
jour, je fus dévasté. Les larmes coulaient sans retenue, venues toutes
droites d'un pays mystérieux... Surplus d'émotion qui
ruissellent en torrent, terrible goutte à goutte, roulant sur les joues, se désintégrant.
Contrairement
aux chansons, pleurer des rivières ne sert pas à rien. La nature n'a pas créé les larmes pour rien... Soulager la peine, se
mêlant en sanglots, les douleurs se dispersèrent comme autant de ronds dans
l'eau.
Les
larmes rejoignent parfois la pluie, qui ne fait pas toujours des claquettes...
«Rain
and tears are the same», disait la chanson. Jusqu'à ce qu'un arc-en-ciel vienne
zébrer notre ciel et notre âme. Une
première embellie dans notre âme meurtrie. Masqués par les nuages noirs, je
sais qu'il y aura d'autres arcs-en-ciel. Ils seront là...
Ce billet s'adresse à une amie, qui m'inspire beaucoup, quand elle écrit. Je
sais qu'elle se reconnaîtra, je pense à elle.
Y avait
Fernand, y avait Firmin, et puis Francis et Sébastien, mais pas de Paulette, ni de bicyclette. À
bien y réfléchir, il n’y avait personne
qui ne portait un prénom susnommé. J’ai beau chercher, je ne trouve pas. Nous
n’étions pas vingt ni trente brigands dans une bande, nous étions plus de
cinquante, briguant un agréable moment.Le rendez-vous avait été pris de longue date ; le temps
nécessaireà tout le monde pour
s’organiser.
Y avait
Michel, y avait Danielle, y avait Françoise, Yvette, Jacqueline,
Maurice, Vincent, François, Paul et les autres. Je ne les nommerais pas toutes et tous. Autant de prénoms que de gens ;
mais pas n’importe quels gents, de celles et ceux qui sont de ma famille, qui
ne sont pas nés sous le même toit… De loin en loin, je savais que j’avais de la
famille parisienne, côte d’azuréenne, Auvergnate, bien sûr, et même d’outre
atlantique. La plupart d’entre eux gravitent autour du Puy de dôme, qui cette
année, avait des allures de puy de Drôme ; tant le paysage était sec et
désolé.
Pour des
raisons bizarres, nous nous ne sommes jamais vraiment fréquentés, si bien que
l’on se connaît très peu. Avant cette journée de retrouvailles, j’ai dû me
remémorer les différents prénoms. Qui est qui.
Une
cousinade, c’est une chouette idée pour refaire connaissance autrement que dans
de tristes circonstances… l’ambiance était chaleureuse, l’organisation parfaite,
la journée trop courte et le clou du spectacle, spectaculaire ! Près de
l’entrée, sous la photo de nos pères et mères respectifs, trônait un
gigantesque arbre généalogique, qui étirait ses racines
jusqu’à l’an mille. Résultat d'un travail titanesque.
Ce qui
frappe, tout d’abord, ce sont les prénoms, puis les âges ! Ou nos ancêtres
mourraient jeunes, ou ils vivaient très vieux, pour l’époque. Les prénoms sont
sensiblement les mêmes que ceux que nous connaissons aujourd’hui. Toutefois,
ici ou là, aux grés des générations, j’ai décelé quelques Guillemette de
Comborn, Maralde de Chalvignac,Eldin de
Cébazat, Isabeau de Provence ; non, j’rigole… Quelques prénoms encore
particulier, comme Jehan et jehanne et puis une Heraih Heraclee. Tous ces
prénoms laissent penseur, n’est-ce pas ? Cela fait un mois que je me perds
avec délectation dans cette ramure arboricole.
Puis
viennent les professions, quand elles sont connues : cultivateurs,
forgerons, maréchal-ferrant, troubadours, écuyers, chevaliers, seigneur de
Rochemure, de chavagnac, seigneur du croizet, garde du corps du roi, dame de Gibertes,
de la Chapoulie, dame de de saint Auban sur Ouvèze, baron du pertuis,
chambellan du conte d’armagnac. La liste est interminable, autant qu' impressionnante…
Nos
ancêtres ont perdu leurs particules environ cent cinquante ans avant qu’un roi ne perdît
la tête, c’est dire du pouvoir d’adaptation…
Pétard, je crois que nous avons
perdu nos châteaux et pas seulement en Espagne...
Je n’étais jamais parti en vacances. Enfant, ados,
adulte, les vacances étaient synonymes de travail ; celui qu’on ne peut
pas faire les week-ends trop courts. Puis un jour, à la faveur d’une rencontre,
je me suis complétement déconnecté l’espace de douze jours. Douze jours de
vraies vacances. C’est peu.
Après, je n’ai jamais éprouvé le besoin de partir,
de changer d’air. Je n’étais bien que chez moi ; j’avais toujours à faire…
Ce sont mes enfants qui m’ont entraîné, je voulais leur faire découvrir
l’ailleurs… Je découvrais autant qu’eux. D’autres lieux, d’autres gens. Le
sud-est, le sud-ouest, l’ouest, la Bretagne, la Normandie. Les quatre coins de
l’hexagone que je ne connaissais pas, que nous découvrions ensemble. C’était
bien. Je suis assez fier de leur avoir transmis le goût de découvrir par eux-mêmes.
Maintenant, les vacances sont synonymes de farniente. D’ailleurs,
c’est ce que je fais ; niente ! J’en oublie même de visiter mon
propre blog…
Plus de goût, plus d’envie. Je sais ce que vous vous dites :
c’est le Covid ! Ben, même pas. Dans ma nombreuse famille, nous sommes
tous passés à travers.
Pas de perte de goût, juste la fameuse flemme
britannique ! 😀