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jeudi 15 janvier 2026

Bouginaïre

 

 


Tel que vous me voyez-là, je dois avoir deux ou trois ans, peut-être quatre. D'après les « archives » familiales, j'aurais deux ans. Cela m'étonne, car je me souviens parfaitement de ce moment-là. Mes sœurs me cherchaient partout, pour m'immortaliser sur papier, je ne répondais pas, tout occupé que j'étais, à faire une « débougine ». Je ne voulais pas être découvert, aussi, j'ai répondu à l'appel des sirènes... Je suis sorti de la grange, et la photo fut prise, presque sur le lieu du crime...
Pour rendre mon récit plus compréhensible, il faudrait que j'explique ce qu'est une débougine. C'est une sorte de bêtise que l'on fait délibérément. Une bêtise d'enfant, sans grande gravité, ni conséquence. Une blague, une farce.
C'est justement le fait de répondre qui a engendré ladite débougine. Après la photo, je n'ai pu revenir à ma besogne... 

L'instant d'avant, j'étais au volant de la traction familiale, debout sur le siège, à faire des vroum vroum ponctués de quelques autres vrombissements, imitant le bruit du moteur. Je venais juste d'allumer les phares et clignotants ; je ne les ai jamais éteints. La batterie six volts s'en est chargé elle-même, si on peut dire... Bien des années plus tard, j'ai réalisé que mon père devait forcément passer derrière moi, sans rien dire, sans faire d'esclandre, pour remettre les choses en place. La ferme familiale offrait un terrain de jeu formidable, propice, justement aux débougines. Je crois que l'on pouvait dire que j'étais un petit «bouginaïre», celui qui fait des débougines. Pour celle-ci, tel fut pris qui croyait prendre. Pour se rendre au marché aux veaux du mardi suivant, dans la petite ville voisine, la traction démarra au quart de tour, et c'est moi qui fus tout ébaubi, de la pointe !

 

 

19 commentaires:

  1. C est mignon tout plein cette histoire d enfance avec des gentils parents et j ai du coup appris un mot que je ne connaissais pas "la debougine" le mot est aussi mignon que la petite bêtise.
    Bises Cantalouses

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    1. Je t'avais reconnu. En revoyant cette photo, la débougine m'est revenue instantanément en tête ; j'en faisais beaucoup... Je l'utilise ce mot encore très souvent.
      Bises Puydômoises

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  2. Une débougine que Bobby n'aurait pas sanctionné non plus !

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    1. Je pense qu'il a dû en faire aussi ; pas seulement au pays d'Aragon et Castille... ;-)

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  3. Voila encore un texte qui nous transporte ailleurs et à une autre époque... j'adore ce nouveau mot régional... Ah la traction ! Y avait-il comme sur la 203 des petits bras latéraux de direction qui se soulevaient pour les clignotants ?

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    1. La photo en noir et blanc est, elle aussi, d'une autre époque... La traction n'avait pas ces fameux petits bras latéraux, que l'on actionnait de l'intérieur (plus pratique si on était deux...) Elle était déjà une voiture moderne, dotée d'immense garde-boue, à l'avant, sur lesquels, avec ma petite sœur, nous faisions des glissades.

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  4. Ebaubi de la pointe...j'espère que tu as honte ! :-) :-) :-)
    C'est mignon bouginaïre... Avec le même suffixe que tambourinaïre.
    Mais est-ce que tu t'es seulement arrêté de «débouginer » ? M'est avis que non. ;-)
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. Débougine et bouginaïre sont des mots un peu bizarres. Pour faire des débougines, il ne faut pas «débouginer», mais «bouginer».
      C'est en bouginant, qu'un bouginaïre fait des débougines.
      Bouginer, c'est chercher, fouiner, mettre son nez partout, toucher à tout, sans trop de précautions. Aux risques de faire une bêtise, casser un truc, ne rien dire : faire une débougine. Il m'arrive d'en faire encore, mais je n'ai plus besoin de les taire.:.-)
      Bises d'Auvergne

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  5. Ah ! Comme elles sont délicieuses les bêtises de l'enfance !
    Surtout quand elles répondent au merveilleux nom de « débougine »
    j'aime beaucoup la photo qui apparaît comme un aveu non-dit dans l'attitude !

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    1. Quand mes sœurs, ou mes parents, me voyaient avec cet air-là, ils savaient que j'en avais fait une. Il m'était difficile de cacher très longtemps mes bêtises...
      Dans mon village, il y avait un vieux monsieur qui « aurait» vu mon frère en commettre une dans le grenier de l'école, lorsque nous y entreposions le bois de chauffage. C'était impossible qu'il l'ait vu. Avec ma petite sœur, nous en avions donc conclu que ce monsieur voyait à travers les murs. Fort de notre constat, lorsqu’il passait, assis sur son tracteur, nous lui faisions des grimaces. Bien cachés derrière un mur... :-)

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  6. Super cette photo qui nous montre le petit canaillou que tu étais à l'époque.
    Agréable aussi d'enrichir son vocabulaire par du "régional" (hélas, je risque de l'oublier dans les mois à venir). Et dire que je t'ai toujours pris pour quelqu'un de sérieux, très sérieux depuis la nuit des temps. Amitiés

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    1. Eh oui, j'étais bien un petit canaillou, mais sérieux dans mes débougines, car je «veillais» toujours à ce qu'il n'y ait rien de dangereux ; malgré tout ce qu'il pouvait y avoir de danger, dans une ferme... Amicalement

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  7. Jolie photo et joliment raconté, c'est attendrissant.
    Blondinet étais-tu donc ?
    J'aime bien ce mot, "débougine", il va bien avec le reste :-)
    Bon week-end

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    1. Blondinet avec des cheveux épais ; mon fils cadet en a hérité.
      Les photos en noir et blanc ont un truc en plus ; un côté "archives", un côté histoires vraies.
      Bonne semaine

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  8. Je n'ai jamais entendu ce mot "débougine". Merci de nous l'avoir expliqué. Tous les petits font des bêtises car ils sont bruts, c'est aux parents de leur expliquer ce qu'il faut faire et ne pas faire. Tu es mignon sur la photo. Bon dimanche, bises.

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    1. C'est un mot sûrement très local, car je ne l'ai jamais entendu ailleurs que dans mon village du Cantal, et ses environs .
      Des bêtises, j'en ai fait beaucoup, dont certaines à mes dépends, mais toujours sans gravités, ou dangerosités. Le fait de faire partie d'une famille nombreuse a fait que les plus grands/grandes veillaient sur les plus petits.
      Bonne semaine, bises

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  9. Une enfance heureuse avec de nombreuses occasions de « bouginer ». Faut dire que dans une ferme, les occasions ne devaient pas manquer. Merci pour ce récit et mes meilleurs vœux pour 2026.

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    1. Je confirme que les occasions et les endroits ne manquaient pas pour satisfaire sa curiosité, avec le risque de faire les fameuses débougines, propres à l'enfance. Mais il n'y avait pas seulement que dans la ferme, le village et la campagne environnante nous tendaient les bras... Les débougines, faites à plusieurs, mes frères, notre voisin, avec sa sœur ne manquaient pas de piquants, non plus !
      Merci pour vos vœux. Je vous souhaite tout le meilleur, pour cette nouvelle année.

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