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dimanche 24 février 2019

Métier


« J’aurais voulu être un artiste »













Hélas, ce n’est pas le cas. Ni trop bon à tout, ni pas complètement mauvais à rien, je traverse la vie  en faisant ce que je peux, avec ce que j’ai. Je m’estime chanceux ; contrairement à mes frères, qui n’ont pas choisi leurs métiers, qu’ils n’ont jamais exercés, d’ailleurs ! J’ai eu la chance d’avoir le choix entre le même qu’eux et un autre plus plaisant à mon goût. Le choix fut très facile. Si le premier m’était totalement inconnu, je  balbutiais le second depuis l’enfance, en regardant mon père exécuter de main de maître des ouvrages de charronnage. 
Tout naturellement, j’exerçais mes talents avec les outils qu’il laissait à ma disposition. Ce n’était pas du grand art, mais j’aimais travailler le bois. 
Je n’exerce plus ce métier dans un cadre professionnel. Je ne sais pas allier cette passion avec la rentabilité qui incombe aux entreprises. 
J’aime prendre le temps de me faire plaisir. J’ai pris le temps de fabriquer tous mes meubles.
Mon premier métier, je l’exerce uniquement pour et par plaisir, pour lier l’utile à l’agréable et pour mon seul bénéfice. J’exagère un peu. De temps à autre, j’offre un ouvrage fait de mes mains. 
D’ailleurs, je vais m’y remettre sous peu. J’ai deux superbes plots de frêne qui n’attendent que moi. Cela tombe bien, il y a des années que je veux me fabriquer  une bibliothèque de style louis XVI. 
Enfin, pas tout de suite, je suis un gars lent…



Ci-dessous, mon dernier ouvrage en date, n'est-il pas beau en diable ?



18 commentaires:

  1. La valise en carton posée sur ce diable, je partirais volontiers au diable vauvert. Mais serait ce bien raisonnable ? Cela me priverait peut-être de voir l'armoire Louis XVI. Tu as des doigts en or et une passion ce qui n'est pas donné à tout le monde, alors oui fais toi plaisir et au diable la rentabilité. Dans les chutes des étagères il y a peut-être de quoi fabriquer une petite palette �� (à prendre avec humour)

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    1. Vauvert, dans le Gard, n'est pas si loin...! Il doit y avoir de l'internet. Mais il va falloir être patiente, je pense la fabriquer sur une période d'environ deux ans. Je recycle toutes les chutes dans mon poêle à bois, et je me débrouille toujours pour qu'il ne me reste rien. Je n'ai pas beaucoup de place, mais il me reste un panneau d'un ancien ouvrage, d'il y a au moins quatre ou cinq ans. C'est dire s'il doit être stabilisé. Alors, si j'y pense plus que je n'oublie... ;)

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  2. Être habile de ses mains est un trésor... Ensuite que l'on utilise ce trésor de manière altruiste ou mercantile, cela ne compte pas, car ça ne dévalue pas ledit trésor.
    Pour ma part, même avec la meilleure intention du monde, je reste un "Gaston Lagaffe" : le moindre processus simple se transforme en processus complexe...

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    1. Alors, c'e n'est pas peu dire d'un processus complexe et long...
      Je plaisante ! je suis parfaitement conscient qu'être "manuel" n'est pas donné à tout le monde.

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  3. Avoir du plaisir à créer un objet, une oeuvre quelconque, c'est une richesse en soi. J'imagine que le travail du bois est fort et charnel, on lisse le bois, on lui donne les formes, ce sont les doigts et la paume en douceur, et les poignets et tout le bras en force qui transforment "un bout de bois" en diable ou meuble...Ma soeur a chez elle une très belle table ronde en bois faite par son beau père: ce n'est pas une table comme une autre, c'est... un membre de la famille, car au fond... c'est le beau-père qui l'a mise au monde, comme son fils ... c'est étrange mais j'adore ça!

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    1. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours travaillé le bois, même avec un "opinel" et sans me blesser.
      Avec le bois, j’entretiens un rapport particulier, un lien avec la nature. J'aime l'idée de durabilité d'un ouvrage, savoir qu'un meuble va vivre, vieillir, traverser le temps, être restauré, me survivre.
      Tu as raison de dire qu'un meuble s'apparente à un membre de la famille. Ne dit-on pas "un meuble de famille", la table du beau-père, le buffet de la grand-mère, etc ? Nous vivons chaque jour avec.
      Rien de commun avec une célèbre marque Suédoise...

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  4. un don qui n'est pas donné à tout le monde

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  5. Bien sûr que tu es un artiste. Tu es le créateur de ta vie, nous sommes tous créateurs de notre vie.
    Travailler le bois, créer des objets, c'est faire oeuvre de joie créatrice, et cela stimule en soi des richesses et un bien-être énorme.
    Quand on crée, et quoique l'on crée, on est dans l'alignement parfait de nos planètes intérieures : coeur, corps, mental et âme...Nos mains font la liaison entre toutes ces parts de nous.
    Et la sérénité s'installe. C'est ce que tu exprimes en disant: «J’aime prendre le temps de me faire plaisir.»
    j'aime aussi quand tu parles d'offrir un objet fait de tes mains. Dans la démarche écologique qui est la mienne, je ne peux qu'applaudir quand on ne succombe pas aux sirènes de la surconsommation et offrant des objets fabriqués au bout du monde, qui ont coûté en vie d'hommes, en plastique et en bilan carbone... ;-)
    J'aime ce billet, qui me parle profondément.
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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    1. C'est justement parce que nos planètes internes sont alignées que l'on éprouve l'harmonie en soi(en soie). C'est aussi pour la même raison que je n'aime pas pratiquer pour un patron, aux antipodes de cela...
      J'éprouve plus de plaisir d'en faire peu et à mon rythme.
      Les objets que j'ai donnés ou offerts, sont et restent pour les bénéficiaires, les "ceci" ou "cela" de Didier ; comme une signature. Probablement parce que j'y ai mis un peu de mon âme, parfaitement aligné... ;)
      Et je trouve cela beau.

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  6. Tout est art, transformer du bois, sculpter du bois, il suffit juste de l'accompagner d'un peu de poésie, d'émotion et de beaucoup d'intuition, pour lui donner une autre vie. Vous êtes bien un artiste dans tout le sens noble du mot.
    Bien à vous

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    1. Vu comme cela, alors je le suis un peu... Je préfère la modestie. Le compliment venant d'un poète me touche particulièrement.
      Merci !

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  7. Tu as raison de prendre le temps, Xoulec, je ne vais pas te dire le contraire puisque je suis moi-même une personne lente. J'aime également prendre mon temps lorsque je crée mes objets en terre. Je pense que cela te le fait aussi lorsque tu travailles le bois, mais moi, lorsque je modèle la terre, je suis à 100% dans ce que je fais, je suis avec mon objet, et je ne pense à rien d'autre. C'est presque une communion avec l'objet.
    Bravo pour le diable, j'ai hâte de voir la bibliothèque. :-)
    Belle fin de journée à toi.

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    1. J'ai toujours aimé prendre le temps, pour tout. Cela m'occasionne parfois un décalage d'avec le monde qui va trop vite...
      J'aime travailler le bois pour mon plaisir et comme j'avance doucement, je trouve le moyen de compliquer un peu les choses, ce qui rallonge le délai...
      A la différence de la poterie, la fabrication d'un meuble est la succession d'une multitude de petites opérations, qui peuvent supporter de nombreuses pauses... Mais tu as raison à un moment ou un autre, il y a une communion avec le matériau, une façon de se "l'approprier", en y ajoutant sa touche personnelle, sa signature.
      Comme je le dis à Célestine, après avoir donné ou offert un ouvrage de ma fabrication, l'objet reste, pour celui à qui je l'ai donné, le "ceci" ou "cela" de Didier. Et je trouve cela assez magique.
      Cette magie n’existe plus dès lors que l'on monnaie ses services...
      Quant au diable, je n'en avais même pas besoin ! Un exercice pour finir d'utiliser un restant de bois. Du coup, maintenant, je l'utilise.
      Pour la bibliothèque, j'avais dessiné un plan il y a trente-deux ans. Je l'ai modifié il y a vingt-trois ans, sans savoir que je la ferai un jour. J'avais même abandonné l'idée.
      C'est de ne pas trouver dans le commerce, ce que je veux, qui a fini par me décider de me servir moi-même...
      Promis, je montrerai.

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  8. Coucou Didier,
    YES ! Tu es un manuel aussi ! Quel bonheur de créer de ses mains !
    travailler le bois, cette matière noble ! Dans une vie antérieure, je
    travaillais pas mal sur des supports bois, à la campagne.
    A présent, j'aime le métal, les supports laiton, bronze...
    Régale-toi et profite de ton temps pour bâtir de belles choses. Mets des photos dans ton blog ! Bel article.

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    1. Merci Éliane !
      Le bois est fantastique et le rapport que l'on a avec est différent suivant l'essence. J'adore travailler le frêne, parce qu'il sent bon quand on le travaille, parce qu'il ne tache pas les doigts, il n'a pas de tanin, parce que l'on utilise toute la largeur de la planche, l'aubier est utilisable , parce que c'est un bois blanc et que je l'aime dans sa couleur naturelle. Parce que je n'aime plus les teintes sombres, rustiques, plus aux goût du jour. Et pour finir, avec le temps, ce bois prend une belle patine dorée.
      J'imagine qu'il en est probablement de même avec les différents métaux ? Ils ont tous une particularité que l'on peut rechercher pour telle ou telle réalisation.

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  9. Ton diable peut servir de luge , il suffit de retourner le sabot métallique ! j'déconne !
    C'est trop bien fini , tu oses t'en servir ?

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  10. C'est vrai, je l'ai fini comme un meuble, ponçage et vernissage dans les règles. Il est fait pour servir, donc je m'en sers, très peu, en faisant toujours très attention. Une luge ? Mais il n'y a plus de neige... !

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