Les choses avaient été bien faites, mais je ne le savais pas encore ! Alors que je devais passer à l'entreprise dans laquelle j'ai officié de nombreuses années pour récupérer les documents inhérents à mon départ définitif, j'avais proposé de partager quelques bulles d'amitié plus ou moins alcoolisées, que je me chargeais d'apporter ; ce n'est pas tous les jours que l'on cesse son activité professionnelle...
À ma grande surprise, alors que j'étais sur le point de mettre en place ces fameuses bulles, je constatai que mon poste de travail, mon établi, pour être plus clair, avait vu l'installation d'un buffet. Le traiteur, mandaté pour l'occasion, n'allait pas tarder. Tous mes collègues étaient là, ou sur le point d'arriver. Cependant, je déplorai deux absentes…
Je n'étais pas au bout de mes surprises ; les premiers invités firent leurs apparitions. Un ancien collègue, celui-là même qui m'a donné un tour à bois, parti en retraite dix ans plus tôt, qui me fit un cadeau magnifique, époustouflant, trop beau pour être utilisé...
Je le remerciai chaleureusement, alors que des connaissances professionnelles que j'appréciais arrivaient déjà ; Gérard, Jean, Michel, Pascal, Jean-Pascal, Paul ; j'en oublie peut-être bien un ou deux. Ils me pardonneront, si toutefois, ils découvrent ce blog. L'ébahissement n'aurait pas été à son comble, si d'autres invités prestigieux n'avaient pas fait leur apparition. Mon fils, venu spécialement de la cité des traboules, accompagné de ma chère et tendre qui avait été bien mystérieuse, toute la journée...
- tu n'es pas au bout de tes surprises, me confia Philippe, mon patron ; qui ne l'était plus.
En effet : "mon gros Ludo" fit son entrée. Un ancien collègue parti pour travailler à son compte. Trois ans que je ne l'avais pas vu, et c'était comme si nous nous étions quitté la vieille...
- Lui, tu ne le reconnaîtras pas, me souffla une fois de plus mon ex patron, alors qu'un dernier invité s'approchait de nous. Mon cerveau se mit alors à mouliner à fond, je le reconnus en une fraction de seconde : Maurice.
Lui aussi, un ancien collègue... Un lien indéfinissable nous unissait depuis une précédente entreprise, où nous avons fait les quatre cents coups... Nous avons évoqué les souvenirs, les éclats de rire, passé et présent, ceux à venir... Une grande partie de nos vies...
Ce pot de départ, qui me portait un petit peu peine, a été un pur moment de bonheur qui, je crois, a fait du bien à tout le monde.
Voilà, depuis ce jour, je n'fais rien, je m'repose, je suis très heureux ainsi... Enfin, je n'fais rien, faut le dire vite...



