Je sais bien que j’ai déjà, à moins que ce ne soit Lakevio soi-même, proposé ce sujet à votre imagination. Mais cette toile de Marc Chalmé m’amène toujours à des supputations. J’espère qu’il en ira de même pour vous et que vous donnerez libre cours à vote idée, fussent elles farfelues.
Il n'en pouvait plus d'attendre. Cela faisait des mois qu'il attendait ce rendez-vous. La patience n'était pas son fort, mais là, c'était différent... Quand il vit apparaître les plus belles jambes de la création, son cœur ne fit qu'un tour. Il aurait voulu courir vers elle, mais une inspiration soudaine le stoppa net. Il saisit sa guitare, improvisa un texte, et se mit à chanter.
C’est en entendant cette chanson très connue du grand Charles, pas l’éternel prince devenu roi sur le tard, non : Aznavour, (clic) un maître des mots, que l’inspiration m’est venue.
Hier encore, il n’avait pas vingt ans, je le tenais dans mes bras. 2660 grammes, une plume.
Hier encore, il jouait aux legos, il s'asseyait à côté de moi et me regardait croquer la croûte, comme il disait, en picorant dans mon assiette.
Mon fils
Hier encore, je l’accompagnais à l’école primaire, puis au collège ; sur ma moto, il était fier comme un bar/tabac… Hier aussi, il réussissait les épreuves du baccalauréat ; il allait quitter le nid familial...
Hier encore, je faisais jouer mes relations pour qu’il obtienne un stage, et voilà qu’une poignée de mois plus tard, il en décroche un par lui-même ; à la seule force de sa détermination et de sa persévérance. La chance a été présente, aussi.
Je ressens encore la force de notre étreinte, sur le quai d’embarquement pour l’inconnu. Deux mois à vivre dans un pays étranger, aux rythmes de la péninsule ibérique. Barcelone, Mataro, Figueras, avec un périple en train dont il se souviendra longtemps, pour cette visite du musée d’un peintre célèbre.
Que de chemin parcouru depuis ! Un BTS en poche, une alternance en place, une autonomie acquise, je suis fier de lui.
D’ici l’année prochaine, tout comme moi, jadis, il va s’adonner à l’apprentissage de la conduite d’une moto. Un truc que j’ ai transmis sans le savoir. Il me ressemble beaucoup, dans sa façon d’être, dans sa façon d’appréhender les choses, la vie.
Je suis un homme de Cro-Magnon, je tourne en rond, je
tourne en rond…♫♫♫
Je ne pouvais pas si bien dire. Il y a quelque temps
déjà, dans une discussion presque anodine autour du travail du bois, mon intérêt
et ma passion ont fait que j’ai hérité d’un tour à bois. Mon donateur, que je
connais depuis longtemps, était content de se débarrasser de cette machine devenue encombrante,
mais surtout de la confier à quelqu’un qui aimerait s’en servir. Le quelqu’un
en question, c’est moi. Je n’avais vraiment pas besoin d’une telle machine ;
je n’ai pas de place. Cependant, après une modification de mon cru, deux roues, un
essieu et un timon plus tard, voilà que mon tour est devenu mobile. J’adore
modifier les choses pour les rendre plus ergonomiques, ou simplement les adapter à mon espace de rangement.
tour à bois modifié
Je dois avouer que j’ai accepté ce don parce que dans
mes jeunes années, je m’adonnais au tournage sur bois, avec un engin de ma
fabrication. J’avais, à l’époque, la possibilité de récupérer des chutes de
bois ad-hoc, et cela me faisait mal au cœur de les voir disparaître dans un
feu, fut-il de joie. J’ai offert la plupart de mes réalisations ;
quelques-unes ont subsisté.
bol en noyer et porte crayons en frêne
petites coupelles frêne et noyer
coupe à fruits
Avec une machine moderne, il est beaucoup plus facile de
tourner en rond. Mon tout premier ouvrage a été le manche d’un outil de
tournage. Maison, l’outil ! Ont suivi des petits bols en tulipier, un
manche d’outil de jardinier, dégoté dans un vide-grenier. Un bilboquet.
outil de tournage
outil de jardinier
bols en tulipier
bilboquet
J’ai eu
beaucoup de mal à confectionner la boule qui est sphérique comme une pomme de
terre. Il n’est pas facile de travailler à la volée et à l’œil. Encore moins
facile de tourner en rond, par ces chaleurs estivales. Dès que possible, je
recommence.
Une dernière réalisation, pour illustrer ma réponse au commentaire de FleurduNil
La vie des super-héros n’est pas de tout
repos. Combattre les méchants, défier les forces du mal doit être
épuisant ; je le sais, je me suis adonné à cette activité-là (clic). Au
sortir du combat, j’avais gagné, mais j’étais vidé de toute force.
Les
super-héros se refont rapidement une santé, c’est d’ailleurs pour cela qu’ils
sont super. Qu’en est-il lorsque qu’ils tombent dans l’oubli ? Voyez
plutôt, pas le chien de Mickey, non : l’homme invisible. Déjà qu’on ne le voyait
pas quand il était en activité, alors maintenant, sa disparition est
complètement passée inaperçue.
Un incroyable robot des temps nouveaux en est
réduit à végéter sur un rond-point ; relégué à la circulation. C’était
bien la peine d’avoir traversé tout l’univers à la vitesse de la lumière... Ses
fulguropoings ne servent plus à rien, son astéro-hacheme parait fatiguée.
Ce matin, en le voyant
faire la manche devant une enseigne de restauration rapide, le formidable robot
n’avait pas la prestance d’un José Bové s’attaquant à la malbouffe. Il en
était réduit à travailler pour elle. Gagner sa pitance n’est pas plus facile,
par ces chaleurs estivales. Enfermé dans son autocuiseur, moitié homme, moitié
robot, cet intermittent de ce spectacle, assez désolant, m’a fait de la peine.
Bien que ce super-héros ne soit pas vraiment de ma génération, je suis
allésaluer l’Actarus, à l’intérieur…
pour lui donner un peu de courage, et du baume au cœur. Il m’a confié qu’il
redoutait plus que tout de terminer sa carrière comme homme sandwich, avec le
risque de se faire manger tout cru…
Le petit chemin sentait la noisette, et Mireille n’était pas là... Nous étions en altitude ; un petit air frais malgré un soleil radieux nous le confirmait. Nous étions peu nombreux, une poignée de téméraires ou d’inconscients.
Aucun autre moyen d’ascension, sans pont, n'était à notre disposition.
De simples chaussures de randonnée pour gravir le chemin des muletiers.
Il y avait là, des randonneurs, des curieux, quelques touristes, des parapentistes avec leurs matériels, et même un estropié en béquille. Je doute fort qu’il ne soit parvenu au sommet.
Une petite heure de marche nous attendait, et nous devions cadencer nos pas sur ceux des petites jambes… Quarante-cinq gouttes de transpiration plus tard, le sommet se présentait à nous comme une récompense.
La montagne, ça se mérite. A trois cent soixante degrés, la vision était époustouflante, à perte de vue. Au Nord, pas de corons… mais un massif qui s’étiolait, laissant deviner une large plaine. A l’Est, rien de nouveau, sinon la plaine fertile de la Limagne qui s’étire jusqu’aux contreforts du Forez ; une très ancienne mer intérieure, où l’eau n’est jamais loin.
Vers le Sud et l’Ouest, une barrière de montagnes porteuse de noms bizarres ou inconnus. De puy de la Vache en puy de la Besace, du puy Chopine en banne d’Ordanche, ce n’est pas moins de quatre-vingts volcans endormis qui s’étirent en direction du plus vaste stratovolcan d’Europe, j’ai nommé : le Cantal. J’y suis né et j’y entretiens un attachement particulier.
Le sommet baignait dans le silence de la mer de nuage accrochée au ciel. Des parapentistes déployaient leurs ailes, tandis que les amoureux des sommets déployaient leurs mirettes. Un bar restaurant, accolé à une petite boutique de souvenirs ouverts six mois par an étaient les seules « marques de civilisation ». Bien sûr, pour celles et ceux qui connaissent, le temple de mercure était là bien avant.(clic)
Le géant des dômes vu d'en haut.
Je suis heureux d’avoir pu profiter de ce lieu et de sa quiétude, avant qu’il ne subissent un bouleversement. Je sais ce que vous vous dites : le volcan s’est réveillé ! Presque.
Des travaux colossaux ont défiguré ses flancs pour y installer un train à crémaillère, tandis qu’un immense parking s’étend à son pied. Le panoramique des dômes recrache par sa bouche, des touristes par centaines, directement dans un piège dédié. Boutiques en tout genres, vaste farce et attrape-nigauds. Des « chinoiseries » y prolifèrent comme des bactéries nocives, estampillées volcans d’Auvergne. Le lieu a perdu de son mysticisme et cela m’attriste. La montagne ne méritait pas ça.
Aujourd’hui, ce lieu est remis à l’honneur en accueillant une étape d’une célèbre course cycliste, mais il est simplement interdit à tout public. Raison de sécurité, le volcan pourrait se réveiller...